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29 juillet 2014

SÉLECTION DU PRIX DES LECTEURS LIVRE DE POCHE – JUILLET 2014


Sixième mois de lecture, encore trois romans que je ne connaissais pas. La dernière ligne droite s’annonce, avec toujours cette grande variété dans les sélections.

 
Michael URAS – Chercher Proust
C’est décidé, je vais relire le premier tome de la recherche de Marcel PROUST. Et je viens d’acheter le second tome.  Tout cela grâce à ce roman de Michael URAS, Chercher Proust, où l’adoration de l’auteur (Michael URAS) pour son mentor (Marcel PROUST) confine à l’obsession paranoïaque. Rempli de clins d’œil à l’œuvre,  Michael URAS nous livre un roman passionnant, léger de prime abord mais au final extrêmement bien construit. Une belle réussite !
Michael URAS | Chercher Proust | Le Livre de Poche | Parution : 04/2014 | 224 pages | Prix indicatif : 6,10 €.


Bonnie Jo CAMPBELL – Il était une rivière
Etrange mauvais pressentiment, en lisant la quatrième de couverture de ce roman, d’imaginer que je vais devoir affronter un remake du poussif et ennuyeux à mourir Sukkwan island de David VANN (récompensé par le Médicis étranger en 2010, salué par la critique, gros succès commercial dont je ne comprends toujours pas aujourd’hui l’attrait), impression que j’avais aussi eu avant de lire Banquises de Valentine GOBY, mais l’impression s’était dans ce cas-là vite dissipée. Malheureusement pour Bonnie Jo CAMPBELL, et encore plus pour moi, les 456 pages de ce roman m’ont été un véritable calvaire. Comment entrer une seule seconde dans la peau de ces personnages tellement peu réalistes dans leurs comportements (quand on a seize ans et que son père se fait tuer à coup de fusil devant ses yeux, il n’est pas difficile d’imaginer une réaction violente, sanguine ; mais non) ? C’est long, l’intrigue est stérile, il ne se passe pour ainsi dire rien, un peu comme si je vous racontais ma semaine de travail sur plusieurs centaines de pages, et j’ai cette désagréable sensation de me trouver face à un texte fait de remplissages inutiles. Intérêt très faible, écriture sans relief, intrigue quelconque : un échec à mes yeux.
Bonnie Jo CAMPBELL | Il était une rivière | Le Livre de Poche | Parution : 04/2014 | 456 pages | Prix indicatif : 7,60 €.
 

Jennifer McVEIGH  -  La route du cap
Je l’avoue, ce n’est pas sans me départir de préjugés que j’ai abordé la lecture de ce roman, qui drainait derrière lui, Dieu sait pourquoi, une forte connotation fleur bleue (la couverture sans doute). Et c’est vrai que le roman navigue souvent dans des eaux particulièrement mielleuses, où l’on s’enfonce souvent dans le sentimentalisme de la ménagère de moins de cinquante ans. Mais allez savoir pourquoi, on s’accroche à ces 552 pages pour ne pas les lâcher, sentant la limite tenu entre le roman à l’eau de rose et la littérature un peu plus envolée. Et même si la fin s’écroule assez misérablement, La route du cap reste une agréable lecture, bien que sans lendemain.
Jennifer McVEIGH  | La route du cap | Le Livre de Poche | Parution : 05/2014 | 552 pages | Prix indicatif : 7,90 €.

SÉLECTION DU PRIX DES LECTEURS LIVRE DE POCHE – JUIN 2014


Cinquième mois de lecture, tombé dans ma boîte aux lettres le 24 mai 2014, et trois nouveaux romans totalement inconnus. C’est peu de dire que les résumés des romans dans la sélection ne m’attirent pas plus que ça. La lecture de ces 1 488 pages va malheureusement venir confirmer cette première impression, car pour la première fois je me retrouve avec une sélection dans laquelle, à mon avis, aucune épingle ne ressort. Même si la lecture de ces trois romans est plutôt agréable, tout est trop lisse, sonne souvent faux, et surtout est quasiment dénué de profondeur. Cerise sur le bratwurst, chacun de ces livres m’a fait penser à un autre roman, en (beaucoup) moins bien.


 François LELORD – La petite marchande de souvenirs
Ou une histoire d’homme, de femme, d’amour, sur fond de Vietnam. La chronique pourrait s’arrêter là, tant ce roman est convenu. Style lisse, personnages fuyants et sans grande profondeur, on pense à l’épopée d’Alexandre YERSIN superbement développée par Patrick DEVILLE dans son roman Peste & choléra (prix Femina 2012) en beaucoup moins bien. C’est creux, plat, sans aucune rugosité sur laquelle se retenir, et surtout je n’ai pas compris l’intérêt de ce roman. Dommage.
François LELORD | La petite marchande de souvenirs | Le Livre de Poche | Parution : 02/2014 | 408 pages | Prix indicatif : 7,10 €.

 
Cristina ALGER – Park Avenue
Ce roman avait tout pour ne pas me plaire, entre chronique mondaine d’une golden family dans le Manhattan des beaux quartiers et crise financière, un habillage pas franchement des plus sexy pour une intrigue qui, finalement, au fil des pages, s’installe implacablement. On finit par s’attacher à ces personnages pourtant tout entiers dans le paraître, à vouloir qu’ils se sortent d’un engrenage qu’ils n’ont pas tous volontairement sabordé. L’écriture est suffisamment subtile pour ne pas plonger dans le mélo mielleux, et Cristina ALGER suffisamment fine pour ne pas conclure par le happy end pourtant attendu, et mettre les personnages face à leur réalité. Une immersion totale et réussie dans les hautes finances de ce monde.
Cristina ALGER | Park Avenue | Le Livre de Poche | Parution : 05/2014 | 480 pages | Prix indicatif : 7,60 €.


William NICHOLSON  -  L’intensité secrète de la vie quotidienne
Je ne connaissais absolument pas William NICHOLSON, et je vivais très bien. Mais là, on nous présente un écrivain aux allures de génie littéraire en passe d’écrire une œuvre colossale. Et que dire de cette postface signée par la traductrice française, en fin de roman, sinon qu’elle ressemble à s’y méprendre à un piège pour lecteurs décérébrés, sorte de message subliminal invitant le lecteur à idolâtrer sa nouvelle divinité. Alors je ne dis pas non plus que  William NICHOLSON écrit comme mes pieds, mais on est quand même très loin de Proust, Flaubert ou Georges PEREC (« La vie mode d’emploi », qui a quand même plus fière allure que cette « intensité secrète de la vie quotidienne », étrange pourtant que j’ai pensé à cette référence de la littérature moderne). Dans le pedigree du bonhomme, on insiste sur son côté homme de l’ombre, lui qui a coécrit le scénario du film Gladiator (réalisé par Ridley Scott, ça en jette). Il n’empêche, je me suis ennuyé tout le long de ces 600 pages, m’agrippant parfois à l’espoir d’un rebondissement haletant, en vain. Six jours en campagne anglaise accompagné d’une douzaine de ses habitants, cent pages par jour, c’est à la fois beaucoup mais peu. Trop pour moi en tout cas.
William NICHOLSON  | L’intensité secrète de la vie quotidienne | Le Livre de Poche | Parution : 05/2014 | 600 pages | Prix indicatif : 8,10 €.

29 mai 2014

SÉLECTION DU PRIX DES LECTEURS LIVRE DE POCHE – MAI 2014



Quatrième fournée réceptionnée le 28 avril 2014. Un gros mois avec non pas 3, mais 4 romans à lire avant le 31 mai, pour un total de 1 832 pages. Mais je reprends le sourire avec une sélection du mois précédent pas très glorieuse, les quatre romans de ce nouveau cru ayant l’air bien plus appétissants. Fidèle à mon habitude désormais, je vais commencer par le roman le plus court et le plus caustique pour finir, en apothéose, par le plus long, qui obtiendra mon suffrage tant sa lecture fut passionnante. Pour découvrir qu’entre ces deux romans jubilatoires, ce sera le désert.
Emilie DE TURCKHEIM – Le joli mois de mai
Oubliez la couverture beaucoup trop fleur bleue, oubliez le titre de ce roman, à prendre au second degré, Emilie DE TURCKHEIM nous plonge dans un huis clos caustique, mélange savant entre Agatha Christie et Georges Simenon, le tout habillé d’une ironie sourde. Un petit roman léger, certes, mais extrêmement bien ficelé, le genre de roman idéal pour se détendre entre deux classiques. Un petit bijou et, pour le prix, à ne pas rater. Une fois la dernière page tournée, je pensais déjà tenir mon roman, préféré de ce mois de mai.
Emilie DE TURCKHEIM | Le joli mois de mai| Le Livre de Poche | Parution : 01/2014 | 128 pages | Prix indicatif : 5,10 €.


Valérie GANS – Le bruit des silences
Si l’habillage était alléchant, et que la lecture de ce roman est très facile et fluide (incroyable le nombre de romans qu’on lit facilement mais qui sont d’une platitude incroyable), c’est typiquement le genre de bouquins que j’ai en horreur. Tout juste digne d’une adaptation pour la télévision sur une chaine exotique de la TNT, on croit se promener dans un épisode raté de Joséphine ange gardien. Le thème est inintéressant (une histoire de femmes, de couples qui se déchirent, de secrets de famille qui sonnent faux), tout est creux et les personnages sont pathétiquement normaux, à l’image de notre cher président. Ajouté à cela une allusion à peine masquée au « Cinquante nuances de Grey » de E.L. James (« Anxieux, il plongea les yeux dans ceux de sa femme, quémandant une réponse. Jamais il n’avait remarqué les cinquante nuances de gris qui s’y bousculaient » - page 304), et vous aurez compris le propos : un roman de gonzesse au sens le plus péjoratif, à peine digne des plages de cet été. Désolant de platitude.

Valérie GANS | Le bruit des silences | Le Livre de Poche | Parution : 04/2014 | 408 pages | Prix indicatif : 7,60 €.

Natasha SOLOMONS  -  Le manoir de Tyneford
Là encore, tout comme « La maison de Sugar Beach » de Hélène COOPER, le thème de ce roman me paraissait intéressant (l’exil d’une bourgeoise famille juive d’Autriche dans la campagne anglaise durant la seconde guerre mondiale). Mais malgré une écriture fluide, je n’ai pas réussi à accrocher les personnages, tous sonnants faux dans leurs réactions. On retiendra le fond intéressant, la forme est absolument à revoir. Peut-être dans un autre roman ?
Natasha SOLOMONS  | Le manoir de Tyneford | Le Livre de Poche | Parution : 04/2014 | 528 pages | Prix indicatif : 7,60 €.

Nicolas D’ESTIENNES D’ORVES  -  Les fidélités successives

Les fidélités successives nous plonge dans l’œil du cyclone, au cœur du mal, dans cette France de l’occupation tiraillée par tous ses démons. La justesse historique, parfois enrobée, est magnifiée par la puissance romanesque de la formidable et dramatique épopée de Guillaume BERKELEY. Ce livre est une vague de boue que rien n’arrête, une lame de fond qui dévaste le lecteur à chaque page. L’auteur en profite pour faire passer un message à son ex-directeur, parton de France Musique, Marc-Olivier DUPIN (le lugubre et suicidaire personnage Marco DUPIN du roman), nous faisant également côtoyer l’animal nazi au travers de sombres collaborationnistes tel Lucien REBATET. La plongée dans cette gangue historique se fait avec le cœur au bord des lèvres, redécouvrant des pans de cette sale histoire comme l’exil du régime de Vichy et d’une partie de ses sbires (dont Céline) à Sigmaringen, largement évoqué dans le dernier roman de Pierre ASSOULINE (« Sigmaringen », justement) ou « D’un château l’autre » du précédemment évoqué Louis-Ferdinand Céline. On en sort essoufflé, déboussolé, perdu, mais repu. Une expérience incontournable pour un grand roman comme on aimerait en lire plus souvent.
Nicolas D’ESTIENNES D’ORVES  | Les fidélités successives | Le Livre de Poche | Parution : 04/2014 | 768 pages | Prix indicatif : 8,60 €.

 

SÉLECTION DU PRIX DES LECTEURS LIVRE DE POCHE – AVRIL 2014

Troisième livraison reçue le 24 mars 2014. Pas une grande sélection, puisque mon choix se portera finalement sur La demoiselle des Tic-Tac de Nathalie HUG, presque ex-aequo avec le troublant Yellow birds et Kevin POWERS (qui remportera d’ailleurs cette sélection du mois d’avril), mais ce choix se fera à défaut de mieux, malgré certains qualités. Seule certitude, Swamplandia de Karen RUSSEL est hors course. Un roman sans intérêt, creux, ennuyant. Le détail ci-dessous :


Nathalie HUG – La demoiselle des Tic-Tac
Immobiles, ivres d’ire, Rosy et sa mère se terrent dans leur cave. Elles sont allemandes, admirent Hitler, et vivent dans la Lorraine occupée. La proximité de la mort force la vie vers une finesse qui les conduit doucement vers une paix intérieure. En 1944, pilonnées, à nouveau déracinées, mère et fille reviennent aux angoisses naturelles de la terre. Quelle nouvelle vie naîtra alors à l’article de leur mort ?
Nathalie HUG | La demoiselle des Tic-Tac | Le Livre de Poche | Parution : 01/2014 | 168 pages | Prix indicatif : 6,10 €.
 
Kevin POWERS – Yellow birds
Les Etats-Unis n’en finissent pas de faire la guerre, puis de faire la guerre à leurs démons. Yellow birds fait mal avec cette histoire quasi autobiographique de Bartle et Murphy, jeunes soldats de 18 – 20 ans envoyés au charbon irakien. L’ambiance est lourde, les propos sont acerbes, les scènes plongent dans l’horreur avec un détachement qui ne fait que cacher les douleurs psychologiques qu’on se refuse toujours à soigner au pays de l’Oncle Sam. Un roman dur mais nécessaire. Il n’empêche, malgré ses grandes qualités, je ne peux m’empêcher de me demander si le jury, en lui donnant la majorité des voix, n’a pas été influencé par le bandeau accolé à sa couverture (« prix littéraire Le Monde » et « meilleur premier roman étranger du magazine Lire »), trouvant ainsi une légitimité officielle à son choix.
Kevin POWERS | Yellow birds | Le Livre de Poche | Parution : 04/2014 | 240 pages | Prix indicatif : 6,60 €.
 
 

Karen RUSSELL  -  Swamplandia
Si le mois précédent je n’avais trouvé aucun intérêt aux romans de Hélène COOPER et Antonio PENNACCHI, on pouvait au moins leur reconnaître une volonté, bien que maladroite, de vouloir évoquer une histoire douloureuse et souvent méconnue du grand public. Avec Swamplandia, Karen RUSSELL ne nous propose même pas un sujet historique fondateur et méconnu, mais la simple histoire alambiquée d’une famille gérant un parc d’attractions. C’est un euphémisme que de dire que je me suis ennuyé à lire ce petit pavé (480 pages), dans lequel on ne comprend pas où l’auteur veut nous emmener, vers quelle réflexion il veut nous pousser. Lourd, bâclé et inutile, je me demande encore comment ce roman a pu être finaliste du prix Pulitzer (?), s’est retrouvé traduit dans une quinzaine de langues et est en cours d’adaptation pour la télévision… Un mystère.
Karen RUSSELL  | Swamplandia | Le Livre de Poche | Parution : 01/20143 | 480 pages | Prix indicatif : 7,60 €.

24 mars 2014

SÉLECTION DU PRIX DES LECTEURS LIVRE DE POCHE – MARS 2014

 Deuxième colis réceptionné le 22 février 2014. A la découverte de cette seconde fournée, impression plus que mitigée : je ne connais aucun de ces romans, n’en avait pas entendu parler, et j’avoue que les couvertures ne m’attirent pas plus que ça (petite remarque aux éditeurs : faites encore plus d’effort pour nous donner envie de lire, avec des couvertures attirantes, please). Et pour finir de refroidir l’ambiance, un rapide examen du nombre de pages (1 584 pages, contre 936 le mois précédent) me laisse imaginer le défi à relever ce mois-ci. Mais, après tout, la découverte d’auteurs et de romans a fait partie de mes motivations au moment de m’inscrire à ce prix ; je me lance donc à corps perdu dans la lecture dès le 26 février, une fois fini mon roman en cours : Ravage, de René BARJAVEL, lu il y a très longtemps au lycée, relu avec un regard totalement différent aujourd’hui, et sorti, quand même, il y a plus de 70 ans ! Alors que j’hésitais longuement le mois dernier, ma sélection du mois est évidente avec deux romans anodins pour moi, et un roman génial qui prend la tête largement. Voyons maintenant le résultat final du vote des jurés (s’ils ne me suivent pas, promis, je fais pipi partout). Chroniques des 3 romans de la sélection ci-après :

Hélène COOPER – La maison de Sugar Beach
Deux raisons de débuter mon marathon de lecture ce mois-ci par La maison de Sugar Beach : d’abord il s’agit du roman le plus court de la sélection (432 pages seulement, oserais-je dire), et comme je suis désespérément pragmatique jusqu’au bout du slip, à tendance un peu lourd parfois, le volume devient vite l’argument principal de mon choix pour débuter les hostilités mensuelles. Deuxièmement, la lecture de la quatrième de couverture m’a intrigué : le roman – document, en fait véritable témoignage, nous invite à revivre, et pour moi découvrir, la dramatique destinée du Libéria, fondé au début du 19ème siècle par une société américaine de colonisation pour y installer des esclaves noirs libérés. Coincé entre la Guinée et la Cote d’Ivoire, le pays connaitra des tensions extrêmes entre la population autochtone et ces américano-libériens sous couvert d’une influence majeure des Etats-Unis (merci cousine Eric de m’avoir fait remarquer la ressemblance volontaire entre le drapeau des Etats-Unis et celui du Liberia). Seulement voilà, malgré d’excellentes intentions, je n’ai pas réussi à plonger dans ce récit, à m’en imprégner et à faire corps avec lui. Car il ne se passe rien ou presque dans ces 432 pages, ou plutôt on devine qu’il se passe plein de choses mais elles sont tellement peu décrites, avec un manque de force dans l’écriture et tellement peu d’intensité dans le récit qu’on finit vite par s’ennuyer. Pour tout vous dire, j’ai failli abandonner la lecture à partir de 150 pages lues, me forçant à lire encore 2 ou 3 chapitres pour atteindre un moment du récit qui devait vraisemblablement être un tournant dans la pseudo intrigue, mais en fait non, rien. Je suis malgré tout arrivé au bout de ce récit en trainant les pieds, en me précipitant sur wikipedia pour en apprendre un peu plus sur l’histoire du Liberia (j’aurais au moins appris quelque chose, soyons positif). Définitivement pas mon coup de cœur de ce mois, un mois de lecture qui débute donc assez mal.
Hélène COOPER | La maison de Sugar Beach | Le Livre de Poche | Parution : 09/2013 | 432 pages | Prix indicatif : 7,60 €.


Irvin YALOM – Le problème Spinoza
Les lectures se suivent et ne se ressemblent pas, et les joies sont diverses. Resté sur ma faim avec cette histoire du Libéria pas suffisamment abordée à mon goût, j’aborde Le problème Spinoza avec beaucoup de curiosité (quel point commun entre le célèbre philosophe juif et Alfred Rosenberg un idéologue antisémite du régime nazi très proche de Hitler ?...). Et c’est peu de dire que je me suis plongé dans ce roman avec jubilation ! Tout est éblouissant dans ce roman qui se lit sans répit, sans aucun temps mort. Dévoré en 5 jours à peine, voici le genre de découverte que j’attendais au travers de cette expérience de juré. L’aridité des thèses éditées par Baruch SPINOZA est subjuguée ici par le style très littéraire de Irvin YALOM, qui rend ces personnages extrêmement vivants. Une plongée extraordinaire dans les méandres des esprits tour à tour critique et curieux de Spinoza, puis trouble et pervers de l’idéologue nazi Alfred Rosenberg. Une formidable aventure menée tambour battant par un Irvin YALOM magistral à la barre de ce roman épique. Un bonheur littéraire ! Mon coup de cœur du mois (je me suis d’ailleurs précipité pour acheter Et Nietzsche a pleuré, autre roman de l’auteur, à lire dès que je trouve le temps).Irvin YALOM | Le problème Spinoza | Le Livre de Poche | Parution : 01/2014 | 552 pages | Prix indicatif : 8,10 €.
 

Antonio PENNACCHI - Canal Mussolini
On savait, de réputation, que les italiens en faisaient beaucoup, qu’ils brassent, qu’ils enrobent, qu’ils multiplient bien plus facilement qu’ils ne divisent. Avec ce roman, c’est oui et non. Oui, parce que beaucoup, beaucoup de pages (600). Non parce que peu de convictions dans le propos. Un lecteur qu’Antonio PENNACCHI essaye régulièrement d’embarquer dans son roman, qu’il cherche à intégrer à l’histoire, mais dans la douleur. A l’instar de La maison de Sugar Beach, j’ai été intéressé par le thème abordé (l’Italie de Mussolini, juste avant et pendant la seconde guerre mondiale). Une histoire annexe à ce qu’on peut qualifier de grande histoire de ce conflit mondial, que je ne connaissais pas, ce roman étant la bonne occasion d’immerger dans cette époque troublée. Mais en fait non. Le style est lourd, lent, inintéressant et, au final, je n’ai pas bien compris où l’auteur a voulu nous emmener. Canal Mussolini est, pour l’auteur, selon ses propres mots en introduction de ce roman, l’œuvre de sa vie. Définitivement pas la lecture de la mienne.
Antonio PENNACCHI | Canal Mussolini | Le Livre de Poche | Parution : 10/2013 | 600 pages | Prix indicatif : 8,10 €.

21 février 2014

SÉLECTION DU PRIX DES LECTEURS LIVRE DE POCHE – FEVRIER 2014

Reçue le 24 janvier 2014, j’attaque la lecture de cette première sélection du prix des lecteurs, celle du mois de février, le 26 janvier 2014, une fois terminée la lecture – séance de rattrapage en cours (Amin MAALOUF – Léon l’Africain, également au Livre de Poche, que je vous recommande), par Partages, de Gwenaëlle AUBRY. Objectif, comme chaque mois : ne choisir qu’un seul roman parmi la présélection. Première lecture intense, j’arrive au bout de ce premier roman –au final magistral ! – avec le sentiment que, ça y est, je tiens – déjà – mon premier choix. J’enchaîne avec L’Unité, de Ninni HOLMQVIST qui, pour résumer, se lit vite mais mal. Contradictions entre une lecture rapide mais un style plombant, un synopsis intéressant et une réalisation décevante. Enfin, je finis ce premier round de lecture par le roman coup de poing de Donald RAY POLLOCK, Le Diable, tout le temps. Grosse mandale, gros coup de cœur, de la même manière que Partages mais dans un style radicalement différent. Je ferme ce dernier livre le 7 février 2014, soit 936 pages lues en 13 jours. Et là, dilemme. Car si L’Unité est définitivement out pour moi, le choix s’avère cornélien entre Partages et Le Diable, tout le temps. Je ne validerai mon choix que le 18 février 2014, après une longue réflexion, en faveur du dernier roman lu : Le Diable, tout le temps de Donald RAY POLLOCK. J’attends avec impatience le résultat final des votes des jurés, pour savoir s’ils m’ont suivi dans mon choix ou pas. Chroniques des 3 romans ci-après :
 
Gwenaëlle AUBRY – Partages
Première lecture en tant que juré du Prix des lecteurs Livre de Poche, la question à laquelle j’ai dû tout d’abord faire face était : par quel livre vais-je commencer, et ce même avant de connaître les premiers romans en lice ? Vais-je agir selon mes coups de cœur, mes envies du moment ? Ou stratégiquement ? (oui mais quelle stratégie ?). Autant de questions inintéressantes au possible que j’ai rapidement balayé d’un revers. Après tout, faisons comme d’habitude, commençons par le roman que j’ai le plus envie de lire. J’ai donc commencé par Partages, Gwenaëlle AUBRY étant le seul écrivain dont j’avais entendu parler, à fortiori ce roman, Partages, m’avait titillé à l’époque de sa sortie grand format (en 2012), étant présent dans la toute première sélection du prix Goncourt, ainsi que dans la toute dernière sélection du Grand Prix du roman de l’Académie Française (elle n’aura pas, elle non plus, survécu à la déferlante Joël Dicker). Et commencer par un roman court m’a semblé opportun. L’auteur, romancière et philosophe, a eu droit au prestigieux prix Femina en 2009 pour Personne (son précédent roman), et nous offre ici une plongée vertigineuse dans le conflit israélo-palestinien à travers le regard incisif, terriblement cruel et brutal de deux adolescentes que tout oppose. L’écriture, toute en poésie et retenu, est limpide, et plus on plonge dans ce roman, plus on est pris de malaise, happé par une violence à peine esquissée. Seul regret : cette couverture limite mielleuse, proche des romans à l’eau de rose, qui ne rend pas justice à la profondeur poétique du texte et sa noirceur intrinsèque. Superbe.
Gwenaëlle AUBRY | Partages | Le Livre de Poche | Parution : 08/2013 | 192 pages | Prix indicatif : 6,90 €.
 
 
Ninni HOLMQVIST – L’unité
Autant dire que la petite Ninni (50 ans tout de même), je ne la connaissais ni d’Eve ni d’Adam. Mais comme L’unité est son premier roman, et qu’elle est suédoise, je n’ai pas trop à rougir, encore que la Suède évoquant pour moi une blonde à forte poitrine ou le berceau de ce son typique du death metal old school des années 90 j’aurais pu y trouver un intérêt. Mais non, ce premier roman est passé complètement inaperçu pour moi. L’Unité dépeint un futur, qu’on devine proche, dans lequel les humains sont classés en deux catégories : ceux qui sont utiles à la collectivité, principalement en ayant des enfants et en fondant une famille, et les autres, qui n’ont toujours pas d’enfants passé un certain âge jugés inutiles et donc superflus, qu’on va envoyer dans une unité isolée, sorte de ville autonome mais complètement refermée sur elle-même. Le synopsis est alléchant, mais ce roman a eu pour moi un effet bizarre, comme il m’est arrivé parfois avec certains autres romans (c’était le cas avec Les chaussures italiennes d’Henning MANKELL, La carte et le territoire de Michel HOUELLEBECQ ou encore Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine DE VIGAN), à savoir qu’on le lit facilement, presque d’une traite (malgré une écriture d’une lourdeur quasi pachydermique ici), mais rien n’accroche et surtout, on n’arrive pas à y croire. A aucun moment je ne me suis senti immergé aux côtés des personnages dans ce premier roman qui glisse tout seul, mais s’oublie aussi rapidement. Tout sonne faux, bref ça n’a pas marché avec moi, malgré un scénario d’anticipation plus qu’intéressant. Dispensable.
Ninni HOLMQVIST | L’unité| Le Livre de Poche | Parution : 11/2013 | 336 pages | Prix indicatif : 7,10 €.
 
 
Donald RAY POLLOCK  -  Le Diable, tout le temps
Dernière lecture pour cette sélection du mois de février, j’ai repoussé ce moment non pas par manque d’envie, au contraire, mais par crainte de ce que j’allais lire. Car ce premier roman est arrivé à moi en charriant une réputation plus sulfureuse que les pseudo triturations du guignol Dieudo. Le genre de lecture, dixit le vent de soufre, qui ne vous laisse pas de marbre et vous marque au corps. En gros, et quel que soit le genre, ce que j’aime.  Je vais être servi avec ce roman coup de poing, qui m’a évoqué l’ambiance de soufre de No country for old men des frères Cohen. Un road-trip infernal dans les Etats-Unis des années 50, une descente aux enfers vertigineuse et qui n’en finit pas, toujours plus loin dans l’horreur et la décadence. L’immersion est totale, la violence mêmement, et l’inhumanité en toile sanglante de fond. Puisse ce roman tomber dans les mains de Quentin Tarantino ou des frères Cohen !
Donald RAY POLLOCK  | Le Diable, tout le temps | Le Livre de Poche | Parution : 01/2014 | 408 pages | Prix indicatif : 7,10 €.

6 janvier 2014

Prix des Lecteurs - Livre de Poche 2014


Je lis. Beaucoup (il me semble). Ayant une accointance particulière et indépendante de ma volonté à la psychorigidité, je tiens de manière régulière un tableur de suivi de mes lectures incluant des informations telles que la date d’achat des livres, le lieu de leur achat, mais également leur prix, nombre de pages, éditeur, évidemment leur nom et celui de leur auteur, sans oublier la date de parution du livre et les dates de lecture, plus quelques autres informations et commentaires (on est prié de ne pas se moquer). Ce qui me permet d’établir un certain nombre de statistiques - dont vous vous fichez sans doute éperdument, mais je m’en fous, et les plus moqueurs d’entre vous, je crois les connaître, je les emmerde, oui je sais c’est pas très poli pas très classe sur un article qui se dit vouloir parler littérature, c’est pas grave je vous emmerde quand même, oh pas tout le monde non plus, mais c’est mon côté un peu borné (j’ai failli écrire têtu, mais certains esprits tordus, oui oui il y en a, je me rends compte que je côtoie un paquet de zozos, auraient sauté sur l’occasion pour me traiter de chochotte) - parmi lesquelles, disais-je, le nombre de livres lus par an (74 en 2012, 71 en 2013, avant je sais pas j'ai pas noté), le nombre de pages (bordel, 17 639 pages en 2012 et 17 537 pages en 2013 !), le nombre de pages hebdomadaire (depuis 2 ans, date de début de ce tableur, une moyenne de 62 pages par jour) ou, pour se foutre le moral en l’air, le coût annuel de ces bonnes feuilles (920 euros en 2012, gloups !). Fort de ce volume non négligeable, considérant donc, comme je le faisais remarquer au tout début, que je lis beaucoup, je tombe à la mi-octobre sur une annonce sur le site du Livre de Poche (http://www.livredepoche.com) qui, comme tous les ans, invite ses lecteurs à s’inscrire afin de devenir juré du Prix des Lecteurs 2014. En deux clics nerveux, je ne sais pas ce qui m’a pris, j’étais inscrit, section « Littérature » (il y avait le choix avec « Polar », mais je n’en lis que très occasionnellement). Peu d’informations furent nécessaires pour s’inscrire, mis à part le classique état civil minimum, ainsi que l’adresse et les trois derniers livres lus (de mémoire : Valentine GOBY « Banquises », Laurence COSSE « Les amandes amères » et Dany LAFERRIERE « L’Enigme du retour »), plus une argumentation de 500 caractères maxi. Et puis les semaines passent, sans son ni image. Jusqu’à ce jour de la début janvier (plus de deux mois après mon inscription) où, ouvrant ma boite mail, j’apprends que j’ai été choisi pour faire partie des 260 jurés du Prix des Lecteurs 2014 (130 section « Littérature », 130 section « Polar »). Passée la joie digne d’une pucelle venant de se faire tambouriner le lardon par une armada de Bratwurst puis s’être fait assommer la truite sur le lavabo pour libérer l’Actimel, je prends connaissance des réjouissances qui m’attendent et du rythme à tenir : entre février et août, je vais recevoir une sélection de 3-4 romans par mois, qu’il faudra lire et commenter (voire chroniquer, ce serait mieux, je vais essayer de m’y tenir), pour aboutir fin août à une sélection finale de 4 romans (sur un total de 24) dans laquelle chaque juré devra encore voter pour son favori, désigné courant septembre dans une liesse populaire comparable à la renaissance du fabuleux fanzine O3. Et tiens, puisqu’on en parle, je réalise que le travail (passionnant) abattu durant ces quelques années à sortir un fanzine avec son important lot de chroniques et d’interviews (encore un grand grand merci aux grands contributeurs qu'ont été Xav, Geoffroy et Scalp, ainsi qu’aux plus petits dont notamment la bien-nommée Cathy Penflamme) m’a manqué – même si, soyons tout à fait honnête, je ne vois pas trop quand-comment-qu’est-ce j’aurais pu y consacrer le temps nécessaire pour que l’aventure puisse perdurer sereinement. D’où la raison pour relancer ce blog, en veille depuis plusieurs années, sur lequel je vais m’attacher à vous faire partager cette expérience de juré du Prix des Lecteurs 2014 (ça claque non, vous trouvez pas ?), avec – promis – des chroniques de chacun des livres de la sélection (comme au bon vieux temps, c’est-à-dire que je vais donner mon sentiment, bon ou mauvais, sans trop de détour). Et toujours encore d’autres choses tournant autour de mes autres passions : course à pied et musique.
Quant au début de cette aventure, la première sélection pour le mois de février (3 romans) devrait débarquer dans ma boîte aux lettres fin janvier. Affaire à suivre...