Cinquième mois de lecture, tombé dans ma boîte aux lettres le
24 mai 2014, et trois nouveaux romans totalement inconnus. C’est peu de dire
que les résumés des romans dans la sélection ne m’attirent pas plus que ça. La
lecture de ces 1 488 pages va malheureusement venir confirmer cette
première impression, car pour la première fois je me retrouve avec une
sélection dans laquelle, à mon avis, aucune épingle ne ressort. Même si la
lecture de ces trois romans est plutôt agréable, tout est trop lisse, sonne souvent
faux, et surtout est quasiment dénué de profondeur. Cerise sur le bratwurst,
chacun de ces livres m’a fait penser à un autre roman, en (beaucoup) moins
bien.
Ou une histoire d’homme, de femme, d’amour, sur fond de
Vietnam. La chronique pourrait s’arrêter là, tant ce roman est convenu. Style
lisse, personnages fuyants et sans grande profondeur, on pense à l’épopée d’Alexandre
YERSIN superbement développée par Patrick DEVILLE dans son roman Peste &
choléra (prix Femina 2012) en beaucoup moins bien. C’est creux, plat, sans
aucune rugosité sur laquelle se retenir, et surtout je n’ai pas compris
l’intérêt de ce roman. Dommage.
François LELORD | La
petite marchande de souvenirs | Le Livre de Poche | Parution : 02/2014 | 408
pages | Prix indicatif : 7,10 €.
Ce roman avait tout pour ne pas me plaire, entre chronique
mondaine d’une golden family dans le Manhattan des beaux quartiers et crise
financière, un habillage pas franchement des plus sexy pour une intrigue qui,
finalement, au fil des pages, s’installe implacablement. On finit par
s’attacher à ces personnages pourtant tout entiers dans le paraître, à vouloir
qu’ils se sortent d’un engrenage qu’ils n’ont pas tous volontairement sabordé.
L’écriture est suffisamment subtile pour ne pas plonger dans le mélo mielleux,
et Cristina ALGER suffisamment fine pour ne pas conclure par le happy end
pourtant attendu, et mettre les personnages face à leur réalité. Une immersion
totale et réussie dans les hautes finances de ce monde.
Cristina ALGER | Park
Avenue | Le Livre de Poche | Parution : 05/2014 | 480 pages | Prix indicatif : 7,60
€.
William NICHOLSON - L’intensité secrète de la vie quotidienne
Je ne connaissais absolument pas William NICHOLSON, et je
vivais très bien. Mais là, on nous présente un écrivain aux allures de génie
littéraire en passe d’écrire une œuvre colossale. Et que dire de cette postface
signée par la traductrice française, en fin de roman, sinon qu’elle ressemble à
s’y méprendre à un piège pour lecteurs décérébrés, sorte de message subliminal
invitant le lecteur à idolâtrer sa nouvelle divinité. Alors je ne dis pas non
plus que William NICHOLSON écrit comme mes pieds, mais on est
quand même très loin de Proust, Flaubert ou Georges PEREC (« La vie mode
d’emploi », qui a quand même plus fière allure que cette « intensité
secrète de la vie quotidienne », étrange pourtant que j’ai pensé à cette
référence de la littérature moderne). Dans le pedigree du bonhomme, on insiste
sur son côté homme de l’ombre, lui qui a coécrit le scénario du film Gladiator
(réalisé par Ridley Scott, ça en jette). Il n’empêche, je me suis ennuyé tout
le long de ces 600 pages, m’agrippant parfois à l’espoir d’un rebondissement
haletant, en vain. Six jours en campagne anglaise accompagné d’une douzaine de
ses habitants, cent pages par jour, c’est à la fois beaucoup mais peu. Trop
pour moi en tout cas.
William NICHOLSON | L’intensité secrète de la vie quotidienne |
Le Livre de Poche | Parution : 05/2014 | 600 pages | Prix indicatif : 8,10 €.


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