Reçue le 24 janvier 2014, j’attaque la lecture de cette
première sélection du prix des lecteurs, celle du mois de février, le 26
janvier 2014, une fois terminée la lecture – séance de rattrapage en cours
(Amin MAALOUF – Léon l’Africain, également au Livre de Poche, que je vous
recommande), par Partages, de Gwenaëlle AUBRY. Objectif, comme chaque
mois : ne choisir qu’un seul roman parmi la présélection. Première lecture
intense, j’arrive au bout de ce premier roman –au final magistral ! – avec
le sentiment que, ça y est, je tiens – déjà – mon premier choix. J’enchaîne
avec L’Unité, de Ninni HOLMQVIST qui, pour résumer, se lit vite mais mal.
Contradictions entre une lecture rapide mais un style plombant, un synopsis
intéressant et une réalisation décevante. Enfin, je finis ce premier round de
lecture par le roman coup de poing de Donald RAY POLLOCK, Le Diable, tout le
temps. Grosse mandale, gros coup de cœur, de la même manière que Partages mais
dans un style radicalement différent. Je ferme ce dernier livre le 7 février
2014, soit 936 pages lues en 13 jours. Et là, dilemme. Car si L’Unité est
définitivement out pour moi, le choix s’avère cornélien entre Partages et Le
Diable, tout le temps. Je ne validerai mon choix que le 18 février 2014, après
une longue réflexion, en faveur du dernier roman lu : Le Diable, tout le
temps de Donald RAY POLLOCK. J’attends avec impatience le résultat final des
votes des jurés, pour savoir s’ils m’ont suivi dans mon choix ou pas. Chroniques
des 3 romans ci-après :
Gwenaëlle AUBRY –
Partages
Première lecture en tant que juré du Prix des lecteurs Livre
de Poche, la question à laquelle j’ai dû tout d’abord faire face était :
par quel livre vais-je commencer, et ce même avant de connaître les premiers
romans en lice ? Vais-je agir selon mes coups de cœur, mes envies du
moment ? Ou stratégiquement ? (oui mais quelle stratégie ?).
Autant de questions inintéressantes au possible que j’ai rapidement balayé d’un
revers. Après tout, faisons comme d’habitude, commençons par le roman que j’ai
le plus envie de lire. J’ai donc commencé par Partages, Gwenaëlle AUBRY étant
le seul écrivain dont j’avais entendu parler, à fortiori ce roman, Partages,
m’avait titillé à l’époque de sa sortie grand format (en 2012), étant présent
dans la toute première sélection du prix Goncourt, ainsi que dans la toute
dernière sélection du Grand Prix du roman de l’Académie Française (elle n’aura
pas, elle non plus, survécu à la déferlante Joël Dicker). Et commencer par un
roman court m’a semblé opportun. L’auteur, romancière et philosophe, a eu droit
au prestigieux prix Femina en 2009 pour Personne (son précédent roman), et nous
offre ici une plongée vertigineuse dans le conflit israélo-palestinien à
travers le regard incisif, terriblement cruel et brutal de deux adolescentes
que tout oppose. L’écriture, toute en poésie et retenu, est limpide, et plus on
plonge dans ce roman, plus on est pris de malaise, happé par une violence à
peine esquissée. Seul regret : cette couverture limite mielleuse, proche
des romans à l’eau de rose, qui ne rend pas justice à la profondeur poétique du
texte et sa noirceur intrinsèque. Superbe.
Gwenaëlle AUBRY |
Partages | Le Livre de Poche | Parution : 08/2013 | 192 pages | Prix indicatif
: 6,90 €.
Ninni HOLMQVIST –
L’unité
Autant dire que la petite Ninni (50 ans tout de même), je ne
la connaissais ni d’Eve ni d’Adam. Mais comme L’unité est son premier roman, et
qu’elle est suédoise, je n’ai pas trop à rougir, encore que la Suède évoquant
pour moi une blonde à forte poitrine ou le berceau de ce son typique du death metal
old school des années 90 j’aurais pu y trouver un intérêt. Mais non, ce premier
roman est passé complètement inaperçu pour moi. L’Unité dépeint un futur, qu’on
devine proche, dans lequel les humains sont classés en deux catégories :
ceux qui sont utiles à la collectivité, principalement en ayant des enfants et
en fondant une famille, et les autres, qui n’ont toujours pas d’enfants passé
un certain âge jugés inutiles et donc superflus, qu’on va envoyer dans une
unité isolée, sorte de ville autonome mais complètement refermée sur elle-même.
Le synopsis est alléchant, mais ce roman a eu pour moi un effet bizarre, comme
il m’est arrivé parfois avec certains autres romans (c’était le cas avec Les
chaussures italiennes d’Henning MANKELL, La carte et le territoire de Michel
HOUELLEBECQ ou encore Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine DE VIGAN), à
savoir qu’on le lit facilement, presque d’une traite (malgré une écriture d’une
lourdeur quasi pachydermique ici), mais rien n’accroche et surtout, on n’arrive
pas à y croire. A aucun moment je ne me suis senti immergé aux côtés des
personnages dans ce premier roman qui glisse tout seul, mais s’oublie aussi
rapidement. Tout sonne faux, bref ça n’a pas marché avec moi, malgré un
scénario d’anticipation plus qu’intéressant. Dispensable.
Ninni HOLMQVIST |
L’unité| Le Livre de Poche | Parution : 11/2013 | 336 pages | Prix indicatif :
7,10 €.
Donald RAY
POLLOCK - Le Diable, tout le temps
Dernière lecture pour cette sélection du mois de février,
j’ai repoussé ce moment non pas par manque d’envie, au contraire, mais par
crainte de ce que j’allais lire. Car ce premier roman est arrivé à moi en
charriant une réputation plus sulfureuse que les pseudo triturations du guignol
Dieudo. Le genre de lecture, dixit le vent de soufre, qui ne vous laisse pas de
marbre et vous marque au corps. En gros, et quel que soit le genre, ce que
j’aime. Je vais être servi avec ce roman
coup de poing, qui m’a évoqué l’ambiance de soufre de No country for old men
des frères Cohen. Un road-trip infernal dans les Etats-Unis des années 50, une
descente aux enfers vertigineuse et qui n’en finit pas, toujours plus loin dans
l’horreur et la décadence. L’immersion est totale, la violence mêmement, et
l’inhumanité en toile sanglante de fond. Puisse ce roman tomber dans les mains
de Quentin Tarantino ou des frères Cohen !
Donald RAY
POLLOCK | Le Diable, tout le temps | Le
Livre de Poche | Parution : 01/2014 | 408 pages | Prix indicatif : 7,10 €.
1 commentaire:
J'attendais avec impatience tes premiers commentaires ! "Partages" me fait envie, malgré - comme tu le dis justement - cette couverture mièvre ! Bonne continuation !
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