29 mai 2014

SÉLECTION DU PRIX DES LECTEURS LIVRE DE POCHE – MAI 2014



Quatrième fournée réceptionnée le 28 avril 2014. Un gros mois avec non pas 3, mais 4 romans à lire avant le 31 mai, pour un total de 1 832 pages. Mais je reprends le sourire avec une sélection du mois précédent pas très glorieuse, les quatre romans de ce nouveau cru ayant l’air bien plus appétissants. Fidèle à mon habitude désormais, je vais commencer par le roman le plus court et le plus caustique pour finir, en apothéose, par le plus long, qui obtiendra mon suffrage tant sa lecture fut passionnante. Pour découvrir qu’entre ces deux romans jubilatoires, ce sera le désert.
Emilie DE TURCKHEIM – Le joli mois de mai
Oubliez la couverture beaucoup trop fleur bleue, oubliez le titre de ce roman, à prendre au second degré, Emilie DE TURCKHEIM nous plonge dans un huis clos caustique, mélange savant entre Agatha Christie et Georges Simenon, le tout habillé d’une ironie sourde. Un petit roman léger, certes, mais extrêmement bien ficelé, le genre de roman idéal pour se détendre entre deux classiques. Un petit bijou et, pour le prix, à ne pas rater. Une fois la dernière page tournée, je pensais déjà tenir mon roman, préféré de ce mois de mai.
Emilie DE TURCKHEIM | Le joli mois de mai| Le Livre de Poche | Parution : 01/2014 | 128 pages | Prix indicatif : 5,10 €.


Valérie GANS – Le bruit des silences
Si l’habillage était alléchant, et que la lecture de ce roman est très facile et fluide (incroyable le nombre de romans qu’on lit facilement mais qui sont d’une platitude incroyable), c’est typiquement le genre de bouquins que j’ai en horreur. Tout juste digne d’une adaptation pour la télévision sur une chaine exotique de la TNT, on croit se promener dans un épisode raté de Joséphine ange gardien. Le thème est inintéressant (une histoire de femmes, de couples qui se déchirent, de secrets de famille qui sonnent faux), tout est creux et les personnages sont pathétiquement normaux, à l’image de notre cher président. Ajouté à cela une allusion à peine masquée au « Cinquante nuances de Grey » de E.L. James (« Anxieux, il plongea les yeux dans ceux de sa femme, quémandant une réponse. Jamais il n’avait remarqué les cinquante nuances de gris qui s’y bousculaient » - page 304), et vous aurez compris le propos : un roman de gonzesse au sens le plus péjoratif, à peine digne des plages de cet été. Désolant de platitude.

Valérie GANS | Le bruit des silences | Le Livre de Poche | Parution : 04/2014 | 408 pages | Prix indicatif : 7,60 €.

Natasha SOLOMONS  -  Le manoir de Tyneford
Là encore, tout comme « La maison de Sugar Beach » de Hélène COOPER, le thème de ce roman me paraissait intéressant (l’exil d’une bourgeoise famille juive d’Autriche dans la campagne anglaise durant la seconde guerre mondiale). Mais malgré une écriture fluide, je n’ai pas réussi à accrocher les personnages, tous sonnants faux dans leurs réactions. On retiendra le fond intéressant, la forme est absolument à revoir. Peut-être dans un autre roman ?
Natasha SOLOMONS  | Le manoir de Tyneford | Le Livre de Poche | Parution : 04/2014 | 528 pages | Prix indicatif : 7,60 €.

Nicolas D’ESTIENNES D’ORVES  -  Les fidélités successives

Les fidélités successives nous plonge dans l’œil du cyclone, au cœur du mal, dans cette France de l’occupation tiraillée par tous ses démons. La justesse historique, parfois enrobée, est magnifiée par la puissance romanesque de la formidable et dramatique épopée de Guillaume BERKELEY. Ce livre est une vague de boue que rien n’arrête, une lame de fond qui dévaste le lecteur à chaque page. L’auteur en profite pour faire passer un message à son ex-directeur, parton de France Musique, Marc-Olivier DUPIN (le lugubre et suicidaire personnage Marco DUPIN du roman), nous faisant également côtoyer l’animal nazi au travers de sombres collaborationnistes tel Lucien REBATET. La plongée dans cette gangue historique se fait avec le cœur au bord des lèvres, redécouvrant des pans de cette sale histoire comme l’exil du régime de Vichy et d’une partie de ses sbires (dont Céline) à Sigmaringen, largement évoqué dans le dernier roman de Pierre ASSOULINE (« Sigmaringen », justement) ou « D’un château l’autre » du précédemment évoqué Louis-Ferdinand Céline. On en sort essoufflé, déboussolé, perdu, mais repu. Une expérience incontournable pour un grand roman comme on aimerait en lire plus souvent.
Nicolas D’ESTIENNES D’ORVES  | Les fidélités successives | Le Livre de Poche | Parution : 04/2014 | 768 pages | Prix indicatif : 8,60 €.

 

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