Quatrième fournée réceptionnée le 28 avril 2014. Un gros mois avec non pas 3, mais 4 romans à lire avant le 31 mai, pour un total de 1 832 pages. Mais je reprends
le sourire avec une sélection du mois précédent pas très glorieuse, les quatre
romans de ce nouveau cru ayant l’air bien plus appétissants. Fidèle à mon
habitude désormais, je vais commencer par le roman le plus court et le plus
caustique pour finir, en apothéose, par le plus long, qui obtiendra mon
suffrage tant sa lecture fut passionnante. Pour découvrir qu’entre ces deux
romans jubilatoires, ce sera le désert.
Emilie DE TURCKHEIM –
Le joli mois de mai
Oubliez la couverture beaucoup trop fleur bleue, oubliez le
titre de ce roman, à prendre au second degré, Emilie DE TURCKHEIM nous plonge
dans un huis clos caustique, mélange savant entre Agatha Christie et Georges
Simenon, le tout habillé d’une ironie sourde. Un petit roman léger, certes,
mais extrêmement bien ficelé, le genre de roman idéal pour se détendre entre
deux classiques. Un petit bijou et, pour le prix, à ne pas rater. Une fois la
dernière page tournée, je pensais déjà tenir mon roman, préféré de ce mois de
mai.
Emilie DE TURCKHEIM |
Le joli mois de mai| Le Livre de Poche | Parution : 01/2014 | 128 pages | Prix
indicatif : 5,10 €.
Valérie GANS – Le
bruit des silences
Si l’habillage était alléchant, et que la lecture de ce
roman est très facile et fluide (incroyable le nombre de romans qu’on lit
facilement mais qui sont d’une platitude incroyable), c’est typiquement le
genre de bouquins que j’ai en horreur. Tout juste digne d’une adaptation pour
la télévision sur une chaine exotique de la TNT, on croit se promener dans un
épisode raté de Joséphine ange gardien. Le thème est inintéressant (une
histoire de femmes, de couples qui se déchirent, de secrets de famille qui
sonnent faux), tout est creux et les personnages sont pathétiquement normaux, à
l’image de notre cher président. Ajouté à cela une allusion à peine masquée au « Cinquante
nuances de Grey » de E.L. James (« Anxieux, il plongea les yeux dans
ceux de sa femme, quémandant une réponse. Jamais il n’avait remarqué les
cinquante nuances de gris qui s’y bousculaient » - page 304), et vous
aurez compris le propos : un roman de gonzesse au sens le plus péjoratif,
à peine digne des plages de cet été. Désolant de platitude.
Valérie GANS | Le
bruit des silences | Le Livre de Poche | Parution : 04/2014 | 408 pages | Prix
indicatif : 7,60 €.
Natasha SOLOMONS - Le
manoir de Tyneford
Là encore, tout comme « La maison de Sugar Beach »
de Hélène COOPER, le thème de ce roman me paraissait intéressant (l’exil d’une
bourgeoise famille juive d’Autriche dans la campagne anglaise durant la seconde
guerre mondiale). Mais malgré une écriture fluide, je n’ai pas réussi à
accrocher les personnages, tous sonnants faux dans leurs réactions. On retiendra
le fond intéressant, la forme est absolument à revoir. Peut-être dans un autre
roman ?
Natasha SOLOMONS | Le manoir de Tyneford | Le Livre de Poche |
Parution : 04/2014 | 528 pages | Prix indicatif : 7,60 €.
Nicolas D’ESTIENNES
D’ORVES - Les fidélités successives
Les fidélités successives nous plonge dans l’œil du cyclone,
au cœur du mal, dans cette France de l’occupation tiraillée par tous ses
démons. La justesse historique, parfois enrobée, est magnifiée par la puissance
romanesque de la formidable et dramatique épopée de Guillaume BERKELEY. Ce
livre est une vague de boue que rien n’arrête, une lame de fond qui dévaste le
lecteur à chaque page. L’auteur en profite pour faire passer un message à son
ex-directeur, parton de France Musique, Marc-Olivier DUPIN (le lugubre et
suicidaire personnage Marco DUPIN du roman), nous faisant également côtoyer
l’animal nazi au travers de sombres collaborationnistes tel Lucien REBATET. La
plongée dans cette gangue historique se fait avec le cœur au bord des lèvres,
redécouvrant des pans de cette sale histoire comme l’exil du régime de Vichy et
d’une partie de ses sbires (dont Céline) à Sigmaringen, largement évoqué dans
le dernier roman de Pierre ASSOULINE (« Sigmaringen », justement) ou
« D’un château l’autre » du précédemment évoqué Louis-Ferdinand
Céline. On en sort essoufflé, déboussolé, perdu, mais repu. Une expérience
incontournable pour un grand roman comme on aimerait en lire plus souvent.
Nicolas D’ESTIENNES
D’ORVES | Les fidélités successives | Le
Livre de Poche | Parution : 04/2014 | 768 pages | Prix indicatif : 8,60 €.
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