Le cheminement qui aboutit parfois à la lecture d’un livre peut s’avérer
particulièrement biscornu. Ça a été le cas pour moi avec La langue maternelle
de Vassilis ALEXAKIS. Si je n’avais rien lu de l’auteur jusqu’à ce jour, sa
présence dans la plupart des sélections de prix littéraire à la rentrée 2012
avec son roman - L’enfant grec - m’avait bien plus que mis la puce à l’oreille,
autant que son passage, attrapé au hasard d’un zapping télé nerveux entre les
poumons de Nabila, l’indécente épaisseur de la robe, mini, de Victoria Silvstedt
et la chevelure – raréfiée – de Jean-Pierre Elkabbach dans Bibliothèque
Médicis (sur LCP, La Chaine Parlementaire !, mais O Grand Dieu comment
ai-je pu tomber là-dessus, par quelle déveine suis-je tombé si bas, et in fine pourquoi tant de haine ?),
cette dernière émission proposant un entretien avec l’écrivain franco-grec
concerné, dont les propos m’avaient particulièrement touchés, même si je me
vois bien incapable de vous les retranscrire ici, ce qui en définitive n’aurait
aucun intérêt puisque il est présumé que la lecture de ce blog doit vous
inciter, si possible, à lire ou non tel ou tel roman, et non vous raconter ma
soirée télévisuelle ratée (et pour le coup, c’est raté). Ajoutez à cette
première bonne impression la référence faite à La langue maternelle dans
le livre de Jean-Marc ROBERTS, Deux vies
valent mieux qu’une (recommandé par tous, méchants critiques ou gentils bloggeurs,
mais pas par moi, désolé de ne pas avoir plus de convenance que cela avec
l’unanimité, et pour tout vous dire il en est allé de même avec l’infâme La
liste de mes envies de Grégoire DELACOURT, lu et revendu aussi sec, intérêt
littéraire proche de celui du cerveau anémié d’un poulpe germanique adepte de
ballon rond, j’en étais où déjà, il serait peut-être temps de cesser de
divaguer avec le fil), il aura suffi, disais-je donc, d’un hasard fortuit
(j’entre dans une librairie d’occasion, c’est déjà rare, armé de mes deux
enfants échaudés, c’est nettement moins rare, par une journée aride, le résumé
du bonheur, et je tombe quasi nez-à-nez avec ce bouquin vendu en occasion, ce
qui me procure également la joie de ressortir en trente secondes chrono de ce lieu de tentation,
livre de poche en poche) pour me plonger dans la lecture de ce qui aura été le
prix Médicis 1995. A ce stade de ma chronique, remarquez que vous ne savez
absolument rien de ce roman hormis la double nationalité, française et grecque,
de son auteur, mais limite vous êtes atteint de poliomyélite si vous n’avez pas
ne serait-ce qu’eu une intuition sur une des deux. Et dans le fond vous devez
sans doute vous en contreficher. Par contre, vous avez deviné tout un tas
d’autres choses qui ne font pas du tout avancer le schmilblick de Vassilis
ALEXAKIS : 1. Nabila possède une proéminence pulmonaire plus que visible,
peut-être même découvrez-vous son existence (à Nabila) alors que vous usez un
combiné téléphonique depuis belle lurette (mon subconscient a failli écrire
levrette, allez comprendre), non non ne me remerciez pas 2. Il fait une chaleur
torride en Suède 3. Derrick, cet infâme Obersturmführer, a été remplacé dans le
cœur des ménagères par Bibliothèque Médicis 4. Ne lisez surtout pas Deux vies
valent mieux qu’une de feu Jean-Marc ROBERTS (paix à son âme) et encore moins La liste de mes envies
de Grégoire DELACOURT 5. J’ai deux enfants, adorables au demeurant malgré les
apparences, et 6. Je suis zappeur dans l’âme (mais en fait, non).
Ce roman, initiatique, nous plonge dans le mystère, celui des origines,
parfois troubles, de la recherche de son pays natal, au travers de l’élucidation
d’un mystère qui semble contenir toutes les incertitudes - toutes nos
incertitudes : quel est donc le sens de la fameuse lettre E jadis suspendue à
l'entrée du temple d'Apollon à Delphes ? J’ai horreur de disséquer un livre, de
jalonner un chemin, celui de la lecture, de fragments. La langue maternelle,
roman sans intérêt de prime abord, ne nous dévoile sa profondeur qu’une fois
les dernières pages refermées. A vous de franchir le pas.
Vassilis ALEXAKIS | La langue maternelle | Folio | Parution : 01/1995 | 416 pages | Prix indicatif: 4,50 € (en occasion).

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