1 novembre 2013

Vassilis ALEXAKIS – La langue maternelle

 
Le cheminement qui aboutit parfois à la lecture d’un livre peut s’avérer particulièrement biscornu. Ça a été le cas pour moi avec La langue maternelle de Vassilis ALEXAKIS. Si je n’avais rien lu de l’auteur jusqu’à ce jour, sa présence dans la plupart des sélections de prix littéraire à la rentrée 2012 avec son roman - L’enfant grec - m’avait bien plus que mis la puce à l’oreille, autant que son passage, attrapé au hasard d’un zapping télé nerveux entre les poumons de Nabila, l’indécente épaisseur de la robe, mini, de Victoria Silvstedt et la chevelure – raréfiée – de Jean-Pierre Elkabbach dans Bibliothèque Médicis (sur LCP, La Chaine Parlementaire !, mais O Grand Dieu comment ai-je pu tomber là-dessus, par quelle déveine suis-je tombé si bas, et in fine pourquoi tant de haine ?), cette dernière émission proposant un entretien avec l’écrivain franco-grec concerné, dont les propos m’avaient particulièrement touchés, même si je me vois bien incapable de vous les retranscrire ici, ce qui en définitive n’aurait aucun intérêt puisque il est présumé que la lecture de ce blog doit vous inciter, si possible, à lire ou non tel ou tel roman, et non vous raconter ma soirée télévisuelle ratée (et pour le coup, c’est raté). Ajoutez à cette première bonne impression la référence faite à La langue maternelle dans le  livre de Jean-Marc ROBERTS, Deux vies valent mieux qu’une (recommandé par tous, méchants critiques ou gentils bloggeurs, mais pas par moi, désolé de ne pas avoir plus de convenance que cela avec l’unanimité, et pour tout vous dire il en est allé de même avec l’infâme La liste de mes envies de Grégoire DELACOURT, lu et revendu aussi sec, intérêt littéraire proche de celui du cerveau anémié d’un poulpe germanique adepte de ballon rond, j’en étais où déjà, il serait peut-être temps de cesser de divaguer avec le fil), il aura suffi, disais-je donc, d’un hasard fortuit (j’entre dans une librairie d’occasion, c’est déjà rare, armé de mes deux enfants échaudés, c’est nettement moins rare, par une journée aride, le résumé du bonheur, et je tombe quasi nez-à-nez avec ce bouquin vendu en occasion, ce qui me procure également la joie de ressortir en  trente secondes chrono de ce lieu de tentation, livre de poche en poche) pour me plonger dans la lecture de ce qui aura été le prix Médicis 1995. A ce stade de ma chronique, remarquez que vous ne savez absolument rien de ce roman hormis la double nationalité, française et grecque, de son auteur, mais limite vous êtes atteint de poliomyélite si vous n’avez pas ne serait-ce qu’eu une intuition sur une des deux. Et dans le fond vous devez sans doute vous en contreficher. Par contre, vous avez deviné tout un tas d’autres choses qui ne font pas du tout avancer le schmilblick de Vassilis ALEXAKIS : 1. Nabila possède une proéminence pulmonaire plus que visible, peut-être même découvrez-vous son existence (à Nabila) alors que vous usez un combiné téléphonique depuis belle lurette (mon subconscient a failli écrire levrette, allez comprendre), non non ne me remerciez pas 2. Il fait une chaleur torride en Suède 3. Derrick, cet infâme Obersturmführer, a été remplacé dans le cœur des ménagères par Bibliothèque Médicis 4. Ne lisez surtout pas Deux vies valent mieux qu’une de feu Jean-Marc ROBERTS (paix à son âme) et encore moins La liste de mes envies de Grégoire DELACOURT 5. J’ai deux enfants, adorables au demeurant malgré les apparences, et 6. Je suis zappeur dans l’âme (mais en fait, non).
Ce roman, initiatique, nous plonge dans le mystère, celui des origines, parfois troubles, de la recherche de son pays natal, au travers de l’élucidation d’un mystère qui semble contenir toutes les incertitudes - toutes nos incertitudes : quel est donc le sens de la fameuse lettre E jadis suspendue à l'entrée du temple d'Apollon à Delphes ? J’ai horreur de disséquer un livre, de jalonner un chemin, celui de la lecture, de fragments. La langue maternelle, roman sans intérêt de prime abord, ne nous dévoile sa profondeur qu’une fois les dernières pages refermées. A vous de franchir le pas.

Vassilis ALEXAKIS | La langue maternelle | Folio | Parution : 01/1995 | 416 pages | Prix indicatif: 4,50 € (en occasion).


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