4 novembre 2013

Un dimanche matin à la piscine

Inauguration dimanche matin de ma première séance d’une série sobrement intitulée « 3 heures and more », idée sadique qui m’a été soufflée par mon kiné lors des séances de rééducation cet été pour tenter de palier aux crampes que je ne parviens pas à éviter lors de gros efforts (type marathon), mais également pour essayer d’éviter une nouvelle blessure dont, j’avoue, je me passerais bien (kiné que je recommande chaudement : Benoit FREY, kinésithérapeute à la Maison de la Santé Galenus à Bartenheim, voilà c’est fait). Son idée est simple : plus mon corps s’habituera à encaisser de gros efforts régulièrement, moins il viendra se plaindre avec des crampes ou blessures (c’est con hein ?). Concrètement, je l’ai traduit par : une grosse séance course à pied (plus de 3 heures, soit en gros franchir puis progressivement dépasser le fameux mur des 30 kilomètres) planifiée tous les premiers dimanche du mois.
Mon horloge interne, passablement habituée à se faire réveiller le dimanche matin aux alentours de 6 heures, se trouve particulièrement remontée en ce dimanche matin contre cette décision unilatérale dont elle n’est plus prête à assumer la paternité aujourd’hui, bordel de cul. Mais obtempère, du mauvais pied. J’avale donc un petit déjeuner rapide tout en échafaudant de multiples plans de repli me permettant de reporter cette séance, parce que bon décoller à 7 heures du matin c’est déjà chaud, mais surtout il pleut des hallebardes. Ce qui me fait dire que le défi perpétuel de la course à pied, qui est de se faire face sans possibilité de se mentir, d’aller au-delà de ses limites, et de n’avoir pour seul ennemi que soi-même, ce défi-là débute avant même de courir (oui, je sais, mon créneau philosophie introspective, c’est le dimanche matin, de 6 à 7). L’école de l’humilité, certes, mais avant course c’est plutôt hypocrisie et petit mensonge entre freudiens. Passons.
 
J’avais repéré un parcours sympathique, d’une trentaine de kilomètres (pour 450 m de dénivelé positif), avec un tronçon que je n’avais jamais fait. La mise en jambes Rantzwiller-Steinbrunn-le-Bas-Landser se déroule à merveille… sous la pluie (de topute façon, au bout d’un moment, trempé pour trempé…). Puis j’attaque le tronçon jamais effectué (Landser-Bruebach, pour raccrocher Illfurth en terrain connu) et, évidemment, je me perds. A croire que mon côté femme se manifeste pour chaque grosse sortie, c’est d’ailleurs ce double chromosome X qui foutrait la merde que ça m’étonnerait pas tiens. Bref, je reviens sur mes pas, tourne un peu en rond, avant d’atteindre Bruebach, mais pas du tout là où je l’avais prévu. Je reviens bon gré mal gré sur ma route, me perds à nouveau dans les champs, et retrouve ma route, tout ça m’ayant valu un petit détour de 3-4 kilomètres under the rain, merci mesdames, vraiment j’apprécie. Arrivé à Illfurth après avoir fait la causette à 4 chevreuils (pas très bavard le bestiau, entre parenthèses), je croise ce coup-ci une tribu de chasseurs, suisse de surcroît (plaques « JU » ornant les 4x4 typiques de cette espèce). Mes connaissances cynégétiques, bien que minimes, me permettent toutefois d’identifier, en gros, deux types de chasse : celle active, je prends mon fusil et je traverse la forêt pour traquer le gibier, ou la passive, j’attends bien tranquillement le fessier posé sur une chaise d’appoint, bien emmitouflé, que des rabatteurs attirent le gibier vers moi, et si le degré de sang dans mon alcool n’a pas franchi le seuil critique je parviens à bousiller l’animal. Les suisses, ici en terrain conquis, ont visiblement opté pour la seconde option, avec une rigueur toute helvétique (un chasseur tous les 20 mètres, ils ont dû se dire qu’avec le volume de rouge qu’ils venaient de s’enfiler, il fallait déployer au minimum une toile de cette densité), et je ne peux m’empêcher de demander de manière ironique à l’un ou l’autre de ces spécimens – ceux dont l’apparence globale semble la moins imbibée, suis pas fou non plus – s’ils ne sont pas trop fatigués (rapport à leur position assise, tout juste mouillés, inversement proportionnelle à la mienne, debout et plein de boue). Réponse, au mieux un sourire béat, au pire un sourire béat (des suisses quoi). 
 
J’arrive à Luemschwiller dans un déluge de pluie (bon sang, mais je fais quoi là ?...), direction Obermorschwiller – Wahlbach (je sais jamais, y a deux « h » dans le Wahlbach près de chez moi ?... ouais, deux « h »). Déjà 2h30 que je trotte, la fatigue commence à se faire sentir, mais globalement je me sens plutôt bien. Je finis cette petite virée dominicale au bout de 185 minutes, plutôt content le bonhomme. Juste que mes chaussettes ont changé de teinte, et qu’elles sont sans doute irrécupérables. Nouveau test un peu plus costaud prévu dans un mois (ou pas). En attendant, la bise aux suisses.

2 commentaires:

Gonzo a dit…

Forzaaaaa Cousine !
T'es un jobard, mais qu'esssss que je t'envie ! Bon, ok, pas pour la pluie. Celle-là, je te la laisse sans aucun souci.
Pas plus tard que cette aprèm, j'ai galéré à boucler un tour d'une heure. J'ai honte :(

Au fait ! Bon retour on the blog !

dienertribe a dit…

Thanks cousine !