Inauguration dimanche matin de ma
première séance d’une série sobrement intitulée « 3 heures and
more », idée sadique qui m’a été soufflée par mon kiné lors des séances de
rééducation cet été pour tenter de palier aux crampes que je ne parviens pas à
éviter lors de gros efforts (type marathon), mais également pour essayer
d’éviter une nouvelle blessure dont, j’avoue, je me passerais bien (kiné que je
recommande chaudement : Benoit FREY, kinésithérapeute à la Maison de la
Santé Galenus à Bartenheim, voilà c’est fait). Son idée est simple : plus
mon corps s’habituera à encaisser de gros efforts régulièrement, moins il
viendra se plaindre avec des crampes ou blessures (c’est con hein ?).
Concrètement, je l’ai traduit par : une grosse séance course à pied (plus
de 3 heures, soit en gros franchir puis progressivement dépasser le fameux mur
des 30 kilomètres) planifiée tous les premiers dimanche du mois.
Mon horloge interne, passablement
habituée à se faire réveiller le dimanche matin aux alentours de 6 heures, se
trouve particulièrement remontée en ce dimanche matin contre cette décision
unilatérale dont elle n’est plus prête à assumer la paternité aujourd’hui,
bordel de cul. Mais obtempère, du mauvais pied. J’avale donc un petit déjeuner
rapide tout en échafaudant de multiples plans de repli me permettant de
reporter cette séance, parce que bon décoller à 7 heures du matin c’est déjà
chaud, mais surtout il pleut des hallebardes. Ce qui me fait dire que le défi
perpétuel de la course à pied, qui est de se faire face sans possibilité de se
mentir, d’aller au-delà de ses limites, et de n’avoir pour seul ennemi que
soi-même, ce défi-là débute avant même de courir (oui, je sais, mon créneau
philosophie introspective, c’est le dimanche matin, de 6 à 7). L’école de
l’humilité, certes, mais avant course c’est plutôt hypocrisie et petit mensonge
entre freudiens. Passons.
J’avais repéré un parcours
sympathique, d’une trentaine de kilomètres (pour 450 m de dénivelé positif),
avec un tronçon que je n’avais jamais fait. La mise en jambes
Rantzwiller-Steinbrunn-le-Bas-Landser se déroule à merveille… sous la pluie (de
topute façon, au bout d’un moment, trempé pour trempé…). Puis j’attaque le
tronçon jamais effectué (Landser-Bruebach, pour raccrocher Illfurth en terrain
connu) et, évidemment, je me perds. A croire que mon côté femme se manifeste
pour chaque grosse sortie, c’est d’ailleurs ce double chromosome X qui foutrait
la merde que ça m’étonnerait pas tiens. Bref, je reviens sur mes pas, tourne un
peu en rond, avant d’atteindre Bruebach, mais pas du tout là où je l’avais
prévu. Je reviens bon gré mal gré sur ma route, me perds à nouveau dans les
champs, et retrouve ma route, tout ça m’ayant valu un petit détour de 3-4
kilomètres under the rain, merci mesdames, vraiment j’apprécie. Arrivé à
Illfurth après avoir fait la causette à 4 chevreuils (pas très bavard le
bestiau, entre parenthèses), je croise ce coup-ci une tribu de chasseurs,
suisse de surcroît (plaques « JU » ornant les 4x4 typiques de cette
espèce). Mes connaissances cynégétiques, bien que minimes, me permettent
toutefois d’identifier, en gros, deux types de chasse : celle active, je
prends mon fusil et je traverse la forêt pour traquer le gibier, ou la passive,
j’attends bien tranquillement le fessier posé sur une chaise d’appoint, bien
emmitouflé, que des rabatteurs attirent le gibier vers moi, et si le degré de
sang dans mon alcool n’a pas franchi le seuil critique je parviens à bousiller
l’animal. Les suisses, ici en terrain conquis, ont visiblement opté pour la
seconde option, avec une rigueur toute helvétique (un chasseur tous les 20
mètres, ils ont dû se dire qu’avec le volume de rouge qu’ils venaient de
s’enfiler, il fallait déployer au minimum une toile de cette densité), et je ne
peux m’empêcher de demander de manière ironique à l’un ou l’autre de ces
spécimens – ceux dont l’apparence globale semble la moins imbibée, suis pas fou
non plus – s’ils ne sont pas trop fatigués (rapport à leur position assise,
tout juste mouillés, inversement proportionnelle à la mienne, debout et plein
de boue). Réponse, au mieux un sourire béat, au pire un sourire béat (des
suisses quoi).
J’arrive à Luemschwiller dans un déluge de pluie (bon
sang, mais je fais quoi là ?...), direction Obermorschwiller – Wahlbach
(je sais jamais, y a deux « h » dans le Wahlbach près de chez
moi ?... ouais, deux « h »). Déjà 2h30 que je trotte, la fatigue
commence à se faire sentir, mais globalement je me sens plutôt bien. Je finis
cette petite virée dominicale au bout de 185 minutes, plutôt content le
bonhomme. Juste que mes chaussettes ont changé de teinte, et qu’elles sont sans
doute irrécupérables. Nouveau test un peu plus costaud prévu dans un mois (ou
pas). En attendant, la bise aux suisses.
2 commentaires:
Forzaaaaa Cousine !
T'es un jobard, mais qu'esssss que je t'envie ! Bon, ok, pas pour la pluie. Celle-là, je te la laisse sans aucun souci.
Pas plus tard que cette aprèm, j'ai galéré à boucler un tour d'une heure. J'ai honte :(
Au fait ! Bon retour on the blog !
Thanks cousine !
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